Déficit d’attention

Déficit d’attention

Enjeux

  • Les smartphones sont similaires aux machines à sous, car les deux ont un système de récompense intégré que nous trouvons difficile à résister.
  • Les géants du numérique comme Facebook prétendent que le 21ème siècle des réseaux sociaux sera mieux et plus compatissant que le 20ème siècle de la télévision. Il semble néanmoins que Facebook agisse en fait un peu comme un puissant gaz à effet de serre pour notre atmosphère sociale collective. La télévision l’était aussi, bien sûr, mais c’était du CO2 alors que les réseaux sociaux agissent comme du méthane.
  • Notre consommation des médias augmente avec leur mobilité et le nombre de leurs fonctionnalités. Chaque temps d’attente et de trajet est aujourd’hui immédiatement comblé à l’aide de médias de divertissement.
  • Manque d’attention croissant, hyperactivité ainsi que l’isolement social et la faible estime de soi sont parfois les premiers symptômes de cette infobésité[1]. L’utilisation du téléphone cellulaire est «peut-être la plus grande dépendance aux non-drogues du 21e siècle»[2].
  • Nos habitudes technologiques nient nos temps d’arrêt important de notre cerveau, notre capacité à réfléchir et à maintenir l’attention est en train de diminuer[3]. L’acte de recevoir une notification, même si vous ne le répondez pas, suffit à vous distraire sévèrement[4].Les délais moyens d’attention ont considérablement en quelques années, car les smartphones existent et sont maintenant inférieurs à ceux d’un poisson rouge[5].
  • La recherche en neuroimagerie a montré que le temps d’écran excessif endommage le cerveau dans les régions cérébrales impliquant des processus émotionnels, l’attention de l’exécutif, la prise de décision et le contrôle cognitif[6].
  • Beaucoup estiment qu’une diminution de la portée de l’attention est constituée par notre capacité accrue de multi-tâche. Ce phénomène de société récent qui tend à se banaliser grâce au développement des outils de communication toujours plus nombreux, plus performants et de plus en plus interconnectés. Dans le monde du travail, il a d’abord été associé à la recherche d’une augmentation de la productivité1.
  • Le multitâche multimédia et le passage rapide d’une tâche à l’autre peuvent affaiblir le cortex cingulaire antérieur de votre cerveau, qui est impliqué dans l’information de haut niveau et le traitement de l’émotion[7].
  • Parmi les exemples récents de déficit d’attention lié à Twitter, on peut citer le Président Trump qui, a 70 ans, a développé une addiction à Twitter même s’il n’utilise que rarement l’email et l’ordinateur. Par ailleurs, si à la cérémonie des Oscars 2017, une mauvaise enveloppe avait été remise pour l’Oscar du meilleur film, c’est que le comptable en charge de la préparation avait été distrait par Twitter.
  • Les interactions en ligne peuvent être nuisibles à la fois pour ce qu’elles fournissent en risques et en pièges, et pour ce qu’elles ne peuvent fournir. Les personnes qui communiquent par webcam ne semblent jamais se regarder dans les yeux, car les yeux de l’autre personne ne sont pas parfaitement alignés avec la webcam qui transmet votre regard. Le contact visuel constant même l’odeur d’une autre personne, sont des paramètres importants pour la qualité d’une relation.
  • Les téléphones sont toxiques pour les enfants car ils ne regardent pas les gens quand ils leur parlent et ne construisent pas d’empathie[8].
  • Même lorsque les adolescents communiquent en face-à-face, la simple présence de smartphones risque de diminuer la qualité de leur connexion.
  • Les téléphones perturbent l’existence des enfants, même s’ils ne sont pas utilisés activement. Ils sont distrayants car ils nous rappellent le monde au-delà de la conversation immédiate.

Statistiques

  • 13 % des Américains seraient accros de leurs smartphones, avec l’utilisation moyenne de 3,6 heures par jour, causant souvent une distraction sévère dans leurs relations humaines. Les réseaux sociaux sont les applications les plus populaires (87%), suivies des applications de messagerie instantanée (52%)[1].
  • 60 % des Français justifient que leurs usages intensifs des services numériques par le fait qu’ils leur permettent de faire plusieurs choses en même temps[2].
  • 7% des Français utilisent leur téléphone portable au volant , 13% à l’arrêt… et près de 40% de ces accros tiennent leur portable en main pour l’utiliser en conduisant. 90% prennent leur téléphone quand elles se sentent seules. Près d’un accident corporel sur dix sur la route est lié à l’utilisation du téléphone portable[3].
  • Notre habitude croissante de multitâche chez plusieurs applications rend “difficile de filtrer des stimuli non pertinents. Depuis 2000 (juste avant la décollage de la technologie mobile), la durée d’attention moyenne est tombée de 12 secondes à huit secondes[4].
  • Moins de 3 % de la population pourraient faire plusieurs choses en même temps sans subir une baisse de concentration, tandis qu’environ 97 % de la population seraient moins vigilants et perdraient de l’efficacité[5].
  • Chaque fois qu’un employé de bureau est distrait (par exemple, d’un message texte ou d’un courrier électronique), il lui faut en moyenne 25 minutes pour se recentrer sur la tâche initiale à accomplir[6]. C’est un mythe selon lequel la plupart des gens peuvent être multitâche. En vérité, il faut beaucoup de temps, d’énergie, d’effort et de concentration pour passer d’une tâche à l’autre.
  • 38% des Français consultent en moyenne dix fois leur smartphone dans la journée et 28% jusqu’à 25 fois; chez les 18-24 ans, près de la moitié d’entre eux utilisent jusqu’à 50 fois par jour leur smartphone. Les plus compulsifs sont 6% à le consulter plus de 200 fois par jour[7].
  • Le nombre d’enfants chez lesquels  on a diagnostiqué des troubles du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) a augmenté de 50 % en dix ans[8].

[1] Yen J-Y, Ko C-H, Yen C-F, Wu H-Y, Yang M-J (2007) The comorbid psychiatric symptoms of internet addiction: Attention Deficit Hyperactivity Disorder (ADHD), depression, social phobia, and hostility. Journal of Adolescent Health 41: 93–98.
[2] Shambare R., Rugimbana R., Zhowa T. Are mobile phones the 21St century addiction? African Journal of Business Management. 2012;62((2)):57
[3] http://time.com/4663458/smartphone-brain-dumb/
[4] http://psycnet.apa.org/journals/xhp/41/4/893/
[5] http://time.com/3858309/attention-spans-goldfish/
[6] https://www.psychologytoday.com/blog/mental-wealth/201402/gray-matters-too-much-screen-time-damages-the-brain
[7] Http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0106698
[8] http://nymag.com/scienceofus/2017/03/kids-are-better-friends-if-they-spend-time-away-from-screens.html

“Un dimanche après-midi sur l’île de la Grande Jatte” de Georges Seurat revu par Kim Dong-Kyu