Productivité

Productivité

Enjeux

  • Le multitasking, c’est-à-dire l’exécution simultanée de plusieurs tâches. Les jeunes, par exemple, surfent sur la toile tout en écoutant de la musique et en tchattant. 59 % des jeunes suisses téléphonent ou écrivent des textos en regardant la télé[1].
  • Le multitâche est un phénomène de société récent qui tend à se banaliser grâce au développement des outils de communication toujours plus nombreux, plus performants et de plus en plus interconnectés.
  • Il y a une différence entre les sexes dans les usages numériques. Les femmes utilisent plus souvent les appels téléphoniques pour nourrir des relations tandis que les hommes les utilisent à des fins plus instrumentales. Les hommes voient le téléphone mobile principalement comme une technologie habilitante qui augmente principalement l’indépendance, et non la connexion avec l’environnement social[2]
  • Le multitâche est pratiqué pour différentes raisons : il peut relever du loisir, mais aussi d’une nécessité d’ordre professionnel. Il touche donc des catégories de personnes très diverses.
  • Dans le monde du travail, il a d’abord été associé à la recherche d’une augmentation de la productivité. Aujourd’hui, ce phénomène esr beaucoup plus controversé notamment parce qu’il serait contreproductif en matière de productivité.
  • Le multitache diminue la durée d’attention, place
le cerveau en état de stress et on commet donc davantage d’erreurs. Les interruptions répétées, dues par exemple à la réception de courriels, ont une in uence néfaste sur
le rythme de travail et la concentration. Nombreux sont d’ailleurs ceux et celles qui doivent apprendre à se protéger consciemment pour parvenir à se concentrer.
  • Le multitâche multimédia et le passage rapide d’une tâche à l’autre peuvent affaiblir le cortex cingulaire antérieur de votre cerveau, qui est impliqué dans l’information de haut niveau et le traitement de l’émotion[3].
  • La perception d’une utilisation sous optimale des services numériques dépend du ressenti individuel, susceptible de devenir collectif par son effet de masse, qui varie en fonction des personnes et des cultures d’entreprise.
  • Plusieurs facteurs peuvent modifier la perception que nous avons de l’usage sous-optimale des services numériques, le contexte de l’entreprise, son secteur et sa taille, l’âge moyen des collaborateurs, leur sexe ou leur formation… Les hommes sont, par exemple, plus sensibles à l’infobésité que les femmes et le secteur des télécommunications beau- coup plus touché que le celui du bâtiment (BTP) ou des services à la personne.
  • La génération Y et les “digital natives”, “autochtones du web”, surmontent plus facilement la surcharge que la génération X (nés entre 1960 et 1981) ou bien celle des baby boomers.
  • Le FOMO (peur de manquer une information) est une forme de roulette russe pour les collaborateurs de certaines entreprises. Basculer constamment entre les e-mails, les documents et les applications métier peut générer des burnouts. Contrairement au FOMO dans la sphère personnelle, au travail, nous ne cherchons pas une ruée vers la dopamine, mais nous espérons éviter d’envoyer un courrier ou une notification d’annulation de commande qui nous dérangera notre tranquillité d’esprit.

Statistiques

  • La participation des employés aux réseaux sociaux au cours des heures de travail pourrait coûter à l’économie américaine de 650 milliards de dollars par année[1]. Une interruption des médias sociaux se produit tous les 10,5 minutes en moyenne, et les gens gaspilleraient 41% de ce temps sur Facebook.
  • L’employé de bureau moyen est distrait toutes les 3 minutes[2].
  • Lorsque les employés sont invités à calculer formellement le temps qu’ils perdent aux interruptions, ils proposent systématiquement 40% à 60% de leur temps le plus productif; C’est environ 3-5 heures tous les jours[3].
  • Chaque fois qu’un employé du bureau est distrait (par exemple, d’un message texte ou d’un courrier électronique), il lui faut environ 25 minutes pour se recentrer sur la tâche initiale en cours[4].
  • Le temps passé à envoyer des courriels est la deuxième activité de téléphone cellulaire la plus longue (après le texting). Les femmes ont passé près d’une heure (57 minutes) à envoyer des courriels par jour pendant que les hommes ont dépensé) moins de temps dans cette activité (40 minutes par jour). Il semble que les hommes envoient le même nombre de courriels par rapport aux femmes, mais qu’ils consacrent moins de temps à chaque courrier électronique, ce qui peut suggérer qu’ils envoient des messages plus courts et plus utilitaires par rapport à leurs homologues[5].
  • 60 % des Français justifient que leurs usages intensifs des services numériques par le fait qu’ils leur permettent de faire plusieurs choses en même temps[6].
  • Une entreprise avec 100 employés passe  en moyenne environ 17 heures par semaine à clarifier la communication. Cela se traduit par un coût annuel de plus de 525 000 $[7].Au cours de la dernière décennie, les gains de productivité ont sensiblement diminué dans la plupart des pays de l’OCDE. Dans les vingt-cinq économies avancées, les revenus des deux tiers des ménages n’avaient pas progressé, voire même avaient diminué entre 2005 et 2014, contre moins de 2 % entre 1993 et 2005.[8] En termes de revenu disponible réel, la part des ménages dont le revenu a stagné ou chuté de 20 % à 25 %[9].
  • Aux États-Unis, les revenus auraient été 58 % plus élevés en 2013 si la productivité avait augmenté entre 1973 et 2013 au même rythme qu’au cours des vingt-cinq années précédentes.
  • En 1994, Paul Krugman a observé : « La productivité n’est pas tout, mais à long terme, presque tout dépend d’elle. La capacité d’un pays à améliorer son niveau de vie à terme dépend presque entièrement de sa capacité à accroître la production par travailleur ».

[1] : Etude JAMES, la Haute école des sciences appliquées de Zurich (ZHAW), sur mandat de Swisscom, 2014
[2] Geser H. Are girls (even) more addicted? Some gender patterns of cell phone usage. Sociology in Switzerland: Sociology of the Mobile Phone. 2006 Retrieved date, from http://socio.ch/mobile/t_geser3.pdf
[3] http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0106698
[4] http://mashable.com/2012/11/02/social-media-work-productivity/
[5]https://www.wsj.com/news/articles/SB10001424127887324339204578173252223022388
[6] http://lib.store.yahoo.net/lib/bsx/basexcostpayes.pdf
[7] http://psycnet.apa.org/psycinfo/2014-52302-001/
[8] James A. Roberts, Luc Honore Petnji Yaya, Chris Manolis. The invisible addiction: Cell-phone activities and addiction among male and female college students. Journal of Behavioral Addictions, 2014; 1 (-1): 1
[9] http://www.bva.fr/data/sondage/sondage_fiche/1895/fichier_orange_dsf_-_sondage_sur_lattention_-_juin_16_-_rapport_publie2b523.pdf
[10] https://www.entrepreneur.com/article/227236#ixzz2mL2ubBDx
[11] McKinsey Global Institute (2016)
[12] http://economic-research.bnpparibas.com/Views/DisplayPublication.aspx?type=document&IdPdf=29192

“ L’homme Au Balcon” de Gustave Caillebotte revu par Kim Dong-Kyu