Seniors

Enjeux

  • Le digital gap (divisions numériques) est le terme utilisé pour expliquer les divergences entre les personnes qui ont et les personnes qui n’ont pas accès aux outils numériques. Cet écart peut exister entre les personnes instruites et non scolarisées, privilégiées et défavorisées, entre les pays développés et les pays en développement ou entre ceux qui vivent dans les zones rurales et urbaines.
  • Il n’y aurait pas forcément relation entre l’âge, le sexe ou l’éducation en ce qui concerne la technophobie. Il faut éviter les généralisations pour lutter contre la technophobie à un groupe particulier d’âge / sexe[1].
  • Le rapport entre opportunité et menace n’est pas forcément corrélé à l’usage des nouvelles technologies mais parfois à la crainte que les machines puissent vous prendre votre travail. C’est la raison pour laquelle les seniors – qui ne le craignent plus et qui par ailleurs pourraient le plus bénéficier de certaines innovations dans ce domaine (santé et sécurité notamment) sont parfois les plus positifs.
  • En raison du vieillissement de la population, les technologies de l’information deviennent des outils essentiels pour soutenir les personnes confrontées à une détérioration de certains aspects cognitifs (fonctions exécutives, attention verbale, mémoire visuelle et navigation spatiale)[2].
  • Les maisons automatisées, les environnements intelligents, les systèmes de capteurs modernes et les technologies de l’information peuvent aider les personnes âgées à vivre de façon autonome dans leur propre maison.
  • La peur des nouvelles technologies est néanmoins plus répandue dans les générations plus âgées qui n’ont pas grandi avec les ordinateurs, des acronymes compliqués ou des jeux video. Cela conduit à un ego et à une estime de soi endommagés qui s’accumulent au fil des stratégies d’évitement.
  • Certains seniors se montrent néanmoins très rétifs au changement. Les peurs et les craintes des seniors technophobes proviennent non seulement de leur réaction physiologique, mais également de leur réflexe psychologique. De façon générale, la vue, l’ouïe et la réaction des personnes âgées s’usent et diminuent avec l’avancement de leur âge. Tous ces facteurs affaiblissent dans un certain degré leur capacité d’accepter le nouveau.
  • Les technophobes n’osent pas utiliser les ordinateurs, ne savent pas envoyer les courriers par e-mail, ignorent comment se servir du distributeur automatique de monnaie pour retirer leur argent… etc.
  • La phobie des téléphonies n’est pas une peur du téléphone lui-même, mais plutôt une peur de répondre et de recevoir des appels. C’est très similaire à Glossophobie, la peur de parler en public.
  • La technophobie n’est pas une maladie mentale officiellement reconnue, mais c’est une peur extrême et irrationnelle de la technologie. Habituellement, cette peur est liée à la peur irrationnelle des ordinateurs, des robots, de l’intelligence artificielle et d’autres produits et services numériques.
  • Parmi les types de technophobies, il faut distinguer une purement réactionnaire, au sens étymologique, c’est-à-dire comme réaction immédiate au changement, l’autre que l’on pourrait qualifier de déceptive liée à une expérience personnelle ou celle d’un projet d’un usage inadapté d’un service numérique. La technophobie première est chez des personnes qui n’auraient jamais utilisé les technologies qu’ils redoutent par crainte ou par incompréhension. La technophobie déceptive concerne ceux qui ont été confrontés, directement ou bien indirectement par le biais de leurs proches ou des médias, à leurs risques et pièges. C’est valable notamment par aux adultes qui ont été confrontés à la cybercriminalité, aux jeunes face au cyberharcèlement et aux parents face à l’addiction aux jeux vidéos de leurs enfants.
  • Aux États-Unis, le taux de dépendance aux écrans serait d’environ 6% et en Chine, de 10%. Cela ne concerne pas seulement des jeunes obsédés par les jeux vidéo et en situation d’échec scolaire, il y a des gens de tous âges et de tous milieux sociaux. Par exemple, il y a un homme de plus de 70 ans qui n’utilise pas beaucoup d’ordinateur et jamais d’email mais qui a une addiction à Twitter… cet homme s’appelle Donald Trump! On peut donc être dépendant d’un seul réseau social ou bien aussi à des sites de rencontre, des sites pornographiques ou des jeux d’argent en ligne.

Statistiques

  • Aujourd’hui, plus de 40 millions de citoyens de l’Union Européenne ont plus de 65 ans et, d’ici 2050, ce chiffre aura doublé.
  • Il y a environ 7 000 thérapeutes spécialisés travaillant avec de la musique en Amérique, dont environ 2 000 travaillent spécifiquement avec des personnes âgées[1]. Avec les programmes de musique thérapeutique, il ne s’agit pas seulement de découvrir le style de musique, mais quel artiste de jazz la personne aime le plus, quelles chansons pourraient lui donner des souvenirs.
  • Le fossé générationnel est prégnant car les personnes âgées sont de loin les moins connectées puisque les plus de 75 ans (11,25 % de la population) sont 83,3 % à ne jamais avoir utilisé un ordinateur et 89 % à ne jamais avoir utilisé Internet. Le cumul avec un autre facteur d’exclusion (faibles revenus) diminue l’inclusion de ces populations dans la société de l’information : la part des 65-74 ans à faible revenu (0,7 % de la population) n’ayant jamais utilisé un ordinateur ou Internet est de respectivement 91,5 % et 94,8 % contre 56,5 % et 70,2 % pour les 65-7413.
  • Même si plus de 90% des seniors canadiens possèdent un accès Internet quotidien, seulement 18% utilisent des applications pour les aider à gérer leur diabète. La peur de la technologie empêche les seniors canadiens d’utiliser des applications mobiles pour aider à gérer leur diabète de type 2[2].
  • Ce sont les plus de 65 ans et les retraités qui se montrent les plus enthousiastes face à l’IA. Ils sont ainsi 56 % à voir dans l’IA une opportunité de développement alors que les 25 -34 ans sont 54 % à en avoir peur[3].
  • Un tiers des Américains se sentiraient le plus à l’aise en déléguant des décisions concernant leur planification de la retraite à un ordinateur avec AI, 27% pour choisir l’école de leurs enfants et seulement 4% laisseraient un ordinateur choisit leur partenaire romantique[4].
  • La majorité des Américains sont préoccupés par les nouvelles technologies biomédicales[5]. 73% anticipent que la modification génétique et son coût, pourraient élargir l’écart entre les riches et les pauvres.

[1] Sievert, M., “Investigating Computer anxiety in an academic Library”, 1988., Information Technology and Libraries, Sept pp.243-252., Cited in: Brosnan, M., Technophobia; The Psychological impact of Information Technology’, Routledge, London, 1998
[2] Pedro A. Moreno, M. Elena Hernando, Enrique J. Gomez. Conception et évaluation technique d’un service amélioré de sensibilisation à l’emplacement pour la gestion de la désorientation spatiale des personnes âgées avec une déficience cognitive légère. IEEE Journal of Biomedical and Health Informatics, 2015; 19 (1): 37 DOI: 10.1109 / JBHI.2014.2327638
[3] http://www.economist.com/blogs/prospero/2017/05/playlists-and-parkinsons
[4] http://www.wellandtribune.ca/2014/12/22/technophobia-hindering-seniors-from-managing-diabetes-study
[5] http://www.odoxa.fr/rdv-de-linnovation-lintelligence-artificielle-emballe-les-gagnants-du-systeme-mais-fait-peur-aux-autres/
[6] http://www.cbsnews.com/news/60-minutes-vanity-fair-poll-artificial-intelligence/
[7] Http://www.pewinternet.org/2016/07/26/u-s-public-wary-of-biomedical-technologies-to-enhance-human-abilities/

“A la porte de l’éternité” de Vincent van Gogh revu par Kim Dong-Kyu